Accueil / Le trajet pendulaire
7 h 12 · pendulaires
Le trajet pendulaire, ce sas entre la maison et le travail qu'on peut apprivoiser
Il est 7 h 12, le régional entre en gare de Morges. Pour beaucoup, le trajet est du temps perdu à serrer les dents. Il peut aussi devenir le seul moment de la journée qui n'appartient à personne d'autre que vous.
Huit actifs sur dix sur la route
Si vous passez vos matins sur un quai ou dans une file de voitures, vous êtes en nombreuse compagnie. Selon l'Office fédéral de la statistique, 8 actifs occupés sur 10 étaient pendulaires en 2024, soit 3,7 millions de personnes. Et 71 % travaillaient hors de leur commune de domicile.
| Moyen de transport principal | Part des pendulaires en 2024 |
|---|---|
| Voiture | 49 % |
| Transports publics | 31 % |
| dont le train | 17 % |
| À pied ou à vélo | 18 % |
Le trajet moyen fait 14 kilomètres et dure 30 minutes, à l'aller. Une heure par jour, cinq jours par semaine : on approche des cinq heures hebdomadaires. Ce temps-là, autant qu'il serve à quelque chose, même si ce quelque chose consiste à ne rien faire.
Un sas plutôt qu'une perte sèche
On a longtemps vu le trajet comme du temps volé. Il a pourtant une fonction discrète : il sépare deux mondes. Le matin, il laisse le temps de passer du mode « où est la deuxième chaussure du petit » au mode « réunion de 9 heures ». Le soir, il fait le chemin inverse.
Beaucoup de gens l'ont compris par l'absurde. En passant au travail à domicile, ils ont gagné une heure par jour et constaté qu'ils avaient plus de mal à décrocher. Rien ne marquait plus la frontière. La page sur le télétravail qui ne déborde pas propose d'ailleurs de recréer un faux trajet, un petit tour du quartier, pour retrouver ce passage.
Dans le train, le droit de regarder le lac
Entre Lausanne et Vevey, la voie longe le Léman au pied de Lavaux. Les vignes d'un côté, l'eau de l'autre, les montagnes de Savoie en face quand la bise a nettoyé le ciel. Combien de pendulaires gardent les yeux rivés sur leur téléphone pendant ce temps-là ?
Rien ne vous oblige à être productif dans le train. Vous pouvez lire un roman qui n'a rien à voir avec votre métier. Écouter de la musique les yeux fermés. Ou simplement regarder dehors, laisser les pensées venir et repartir. Ce temps de rien, on s'en prive souvent au nom de l'efficacité.
Une règle à tester. Si vos journées débordent déjà, n'ouvrez pas l'ordinateur dans le train du matin. Ces vingt minutes de mails ne raccourcissent pas la journée, elles la rallongent.
Bien sûr, certains aiment préparer leur réunion entre Renens et Genève, et ça leur convient. Tout dépend de ce que vous voulez y gagner. La question à se poser : le trajet me repose-t-il, ou est-ce un bureau de plus ?

Pédaler ou marcher une partie du chemin
18 % des pendulaires vont travailler à pied ou à vélo. Pour les autres, rien n'empêche de glisser un bout de marche ou de pédalage dans le trajet. Un vélo laissé à la gare, quinze minutes à pied jusqu'au bureau, et la journée commence autrement.
L'Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine. Quinze minutes de marche à l'aller et autant au retour, cinq jours de suite, et le compte est presque fait, sans tenue de sport ni abonnement. Pour celles et ceux qui passent ensuite huit heures sur une chaise, la page consacrée aux journées passées assis complète bien.
Descendre un arrêt plus tôt
C'est le plus petit changement possible, et il marche étonnamment bien. Le bus vous dépose devant la porte ? Descendez un arrêt avant. Au métro, sortez une station plus tôt et finissez à pied.
Ces cinq ou dix minutes en plus ne coûtent presque rien. Elles offrent un peu de lumière du jour, un peu de mouvement, et surtout une transition. Les jours de pluie battante, vous avez le droit de tricher.

Au volant, quand ça bouchonne
Près de la moitié des pendulaires prennent la voiture. Pour eux, le sas ressemble souvent à un embouteillage à la jonction de Crissier ou à l'entrée de Genève. Difficile d'y voir un moment de calme.
Quelques ajustements aident quand même. Partir dix minutes plus tôt coûte souvent moins de nerfs que de pester dix minutes de plus dans la file. Un livre audio ou une émission de radio choisie remplacent avantageusement le flot d'informations anxiogènes. Le covoiturage avec un collègue transforme parfois la corvée en moment de discussion. Et le téléphone reste hors de portée de main : un appel professionnel dans les bouchons, c'est la journée qui commence avant l'heure, et ce n'est pas prudent.
Le retour du soir, pour arriver vraiment
Le trajet du soir est peut-être le plus précieux. C'est lui qui permet de laisser le travail derrière soi avant de passer la porte. Ceux qui arrivent encore en pleine conversation professionnelle le savent : ils sont là sans être là.
Essayez de garder les dix dernières minutes pour vous. Ranger le téléphone, regarder les lumières qui s'allument sur la rive française, repenser à une chose réussie dans la journée. Si les pensées du bureau reviennent en boucle soir après soir, la page sur les signaux du stress au travail aide à faire le point.
Ces repères sont pratiques et généraux, à adapter à votre situation. Un souci de santé sérieux, ou qui s'installe, se discute avec un médecin.