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midi · L'assiette
Manger au bureau sans manger devant l'écran, de la boîte de la veille aux quatre-heures
Midi sonne, l'écran reste allumé et la fourchette fait la navette entre la boîte et le clavier. On peut faire autrement, sans y passer des heures ni devenir cuisinier. Petit parcours de la veille au soir jusqu'aux quatre-heures.
La veille, 21 heures : la boîte se prépare
Le meilleur repas de midi commence souvent la veille, pendant que les pâtes du souper cuisent. On en fait un peu plus, on met une portion de côté, et le problème du lendemain est réglé. Sans cette petite avance, la scène est connue : 11 h 50, aucune idée, la file au comptoir de la boulangerie près de la gare, et un sandwich avalé debout sur le quai.
Préparer sa boîte ne demande pas un dimanche entier aux fourneaux. Dix minutes le soir suffisent, à condition d'avoir quelques bases sous la main : un reste de légumes rôtis, un bocal de pois chiches, du riz complet cuit en grande quantité le lundi. Les boîtes en verre passent au micro-ondes de la cuisine d'étage et ne gardent pas l'odeur du curry de la semaine passée.
Ce qu'on met dedans
Pas besoin de calculer quoi que ce soit. Les recommandations nutritionnelles suisses de l'OSAV, illustrées par la pyramide alimentaire, et celles de l'OMS vont dans le même sens : beaucoup de légumes et de fruits, des céréales complètes, des légumineuses, quelques noix, et l'on modère les sucres ajoutés, le sel et les graisses.
Traduit en boîte, cela donne un repère facile à retenir. Une bonne moitié de légumes, crus ou cuits. Un quart de protéines : œufs, lentilles, pois chiches, poisson, fromage, un reste de poulet. Et un quart de féculent complet : riz, quinoa, pâtes complètes, une tranche de pain bis, quelques pommes de terre de la veille.

Rien d'héroïque là-dedans. Une salade de lentilles avec des carottes râpées et des dés de fromage, un reste de risotto complété d'une poêlée de courgettes, une omelette froide coupée en lamelles sur un lit de crudités : la plupart des boîtes réussies sont des restes bien recyclés.
Midi, loin du clavier
Manger devant l'écran donne l'impression de gagner du temps. On ne gagne pas grand-chose : on survole trois mails sans vraiment les lire, on mange sans vraiment manger, et à 13 h 30 on a le sentiment de n'avoir fait aucune pause.
Changer de pièce change beaucoup. La cuisine d'étage, la salle de séance vide, un banc dans le parc d'en face, et quand le temps le permet, les quais au bord du lac, à Vevey, à Neuchâtel ou à Ouchy. Quinze minutes à regarder passer les bateaux à vapeur valent mieux qu'une heure à moitié devant un tableur.
Ensuite, manger assis. Pas debout devant le frigo partagé, pas en marchant vers la prochaine séance. Et lentement : poser la fourchette entre deux bouchées paraît ridicule les premiers jours, puis on s'aperçoit que le repas a enfin un goût. La coupure de midi sert souvent aussi de pause minimale pour une journée de plus de sept heures, comme l'explique la page sur les pauses qui reposent vraiment.
L'eau sur la table
L'OMS et l'OSAV rappellent que l'eau devrait être la boisson principale. Au bureau, rien de plus simple : une carafe sur la table du repas, une gourde remplie au robinet le matin. Les boissons sucrées de l'automate du rez-de-chaussée restent l'exception plutôt que le réflexe de 12 h 15.
Cantine, bistrot du quartier ou pique-nique
Tout le monde n'a pas envie de cuisiner la veille, et c'est bien normal. La cantine d'entreprise, quand elle existe, a un avantage : on s'assied, on discute avec des collègues d'autres services, et le repas est chaud. Prendre l'assiette avec des légumes plutôt que la double portion de frites, choisir l'eau plutôt que le soda : la plupart des cantines laissent ce choix.
Le café-restaurant du quartier, avec son plat du jour à l'ardoise et sa salade verte à côté, reste une institution romande. Une ou deux fois par semaine, il fait parfaitement l'affaire. On en ressort après trois quarts d'heure, la tête ailleurs, ce qui est exactement le but.
Le repas de travail, ce faux repas
Reste le repas de travail : les sandwichs posés au milieu de la table pendant que le chef de projet fait défiler ses diapositives. Ce n'est ni une pause ni un repas. Si votre équipe en organise souvent, il est raisonnable de proposer qu'ils restent l'exception, ou qu'on s'accorde au moins un quart d'heure sans écran ensuite.

Même un sandwich peut faire un repas correct, pour peu qu'on l'accompagne de crudités et qu'on le mange assis, ailleurs qu'au milieu d'une séance. En télétravail, le piège est le même, en pire : le frigo est à trois mètres et l'ordinateur ne s'éteint jamais. La page sur le télétravail sans déborder propose des repères pour marquer la coupure de midi à la maison.
Seize heures, les quatre-heures
Les quatre-heures, comme les dix-heures, ne figurent dans aucun texte de loi. Ils ont pourtant leur logique. Vers 16 heures, quand le repas de midi est loin et le souper encore plus, un fruit ou une poignée de noix tiennent jusqu'au soir sans alourdir. Bien mieux que le paquet de biscuits qui fait le tour du plateau à 16 h 30, et dont il ne reste que des miettes à 16 h 35.
Une pomme dans le sac le matin, un petit sachet de noix dans le tiroir : voilà tout le stock nécessaire. Si la fatigue de l'après-midi pèse plus lourd qu'une simple fringale, la page sur le creux de 15 heures y revient en détail.
Ces repères sont pratiques et généraux, à adapter à votre situation. Un souci de santé sérieux, ou qui s'installe, se discute avec un médecin.